Un contrat 24h chez McDonald’s, c’est environ 1 010 € net par mois pour un majeur payé au SMIC. Le chiffre paraît simple, mais entre le brut affiché, le net versé, les primes et les heures qui débordent du planning, l’écart entre ce qu’on imagine et ce qu’on touche réservé quelques surprises. Voici les montants exacts pour 2026 et ce que cache vraiment ce type de contrat.
Combien rapporte un contrat 24h chez McDo, net et brut
Un contrat de 24h par semaine correspond à 104 heures travaillées par mois (24 × 52 ÷ 12). Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire est fixé à 12,31 € brut, soit 9,74 € net une fois les cotisations sociales retirées.
Le calcul donne donc, pour un équipier polyvalent majeur :

- Salaire brut : environ 1 280 € par mois (104 × 12,31 €).
- Salaire net : environ 1 010 € par mois (104 × 9,74 €).
Ce montant net suppose un taux horaire au SMIC, sans aucune prime ni heure ajoutée. C’est le plancher légal, jamais le plafond. Pour comparaison, un contrat de 30h dans le même restaurant grimpe autour de 1 270 € net, et un temps plein de 35h frôle 1 478 € net. Le 24h reste donc le format type du job étudiant , calibré pour ne pas écraser un emploi du temps de cours.
Pourquoi votre âge change tout sur la fiche de paie
Sous 18 ans, la loi autorise un abattement sur le SMIC, et la plupart des franchises l’appliquent. Un mineur de moins de 17 ans touche 80 % du SMIC, soit 9,85 € brut de l’heure, ce qui ramène un contrat 24h autour de 800 € net mensuel. Entre 17 et 18 ans, le taux passe à 90 % du SMIC (11,08 € brut), pour un net d’environ 900 €.
Un détail que beaucoup ignorent au moment de signer : cet abattement disparaît dès que le jeune justifie de six mois d’expérience dans la branche restauration rapide. Un mineur qui a déjà bossé une saison peut donc réclamer le taux plein. À 18 ans révolus, tout le monde passe au SMIC complet, sans condition.
Le 24h sur le papier, ce qui se passe vraiment dans le planning
Le contrat indique 24h, mais la réalité du terrain est plus mouvante. Deux pièges reviennent systématiquement.
Le premier, c’est la répartition des heures. Tout dépend du manager qui monte les plannings. Avec un bon gestionnaire, les 24h tiennent sur 3 ou 4 jours, parfois concentrées sur le week-end, avec des coupures rares. Avec un planning mal ficelé, les heures se dispersent en petits créneaux éclatés sur la semaine, du midi (11h-14h) au service du soir qui finit à 1h ou 2h du matin. Le nombre d’heures payées reste le même, mais le temps réellement mobilisé, transport compris, double facilement.
Le second piège concerne les heures complémentaires. Sur un contrat à temps partiel, l’employeur peut demander jusqu’à 10 % d’heures en plus au taux normal, soit environ 2h30 par semaine pour un 24h. Au-delà de ce seuil, les heures doivent être majorées de 25 %, puis de 50 % pour les volumes les plus élevés. Certains restaurants contournent la majoration en proposant la récupération : au lieu de payer les heures en plus, ils les retirent du planning de la semaine suivante. C’est légal sous conditions, mais ça réduit le revenu réel. Vérifiez toujours sur la fiche de paie que les heures dépassant votre contrat apparaissent bien, et au bon taux.
Les primes et heures qui font grimper (ou pas) le total
Le SMIC est le point de départ, pas la ligne d’arrivée. Plusieurs majorations peuvent gonfler le net mensuel, surtout pour qui vise les créneaux que personne ne réclame.
La prime du dimanche ajoute généralement entre 10 % et 25 % au taux horaire. La prime de nuit , déclenchée après 22h, tourne autour de 10 à 20 % selon l’accord d’entreprise. Les jours fériés sont souvent les plus rentables, avec des majorations de 50 % à 100 % dans certains établissements. Concrètement, viser deux fermetures et un dimanche par mois peut ajouter plusieurs dizaines d’euros nets sans changer le volume du contrat.
Deux avantages s’ajoutent sans figurer dans le salaire brut : le repas pris sur place, gratuit ou à moitié prix selon la franchise, et la mutuelle d’entreprise partiellement financée. Ces éléments expliquent pourquoi deux équipiers au même contrat 24h peuvent afficher un net différent. La localisation joue aussi : certains restaurants d’Île-de-France versent quelques centimes de plus par heure pour attirer du personnel.
Du 24h au temps plein : où mène ce contrat
Le 24h sert rarement de destination finale. La plupart des équipiers cherchent à augmenter leur volume horaire, car c’est le seul vrai levier de revenu au début. Passer chef d’équipe ne change quasiment rien sur le taux horaire, à peine quelques centimes de plus. Le gain vient de l’augmentation du contrat, de 24h vers 28h, 30h ou 32h, plafond habituel pour un non-manager.
Le saut financier réel arrive au poste de manager , payé non plus à l’heure mais avec un salaire fixe. Un assistant manager se situe entre 1 900 € et 2 300 € brut mensuel, soit presque le double d’un équipier à temps partiel. Pour qui envisage McDo comme un tremplin plutôt qu’un dépannage, l’évolution interne reste rapide, souvent en 12 à 18 mois, et financée par l’entreprise.
Questions fréquentes
Peut-on concentrer ses 24h sur le week-end ? C’est possible mais pas garanti. La durée maximale de travail est de 10h par jour, portée à 12h en cas de forte activité, ce qui couvre les rushs du samedi et du dimanche. Tout dépend de l’accord du manager et des besoins du restaurant. Mieux vaut négocier cette répartition avant de signer plutôt qu’après.
Les heures faites en plus du contrat sont-elles toujours payées ? Oui, mais pas forcément majorées. Jusqu’à 10 % du contrat, elles sont réglées au taux normal. Au-delà, elles doivent être majorées de 25 % ou 50 %. Surveillez votre fiche de paie : si des heures dépassent votre contrat sans apparaître ou sans majoration, c’est une erreur à signaler.
Un contrat 24h ouvre-t-il les mêmes droits qu’un temps plein ? Oui pour l’essentiel : congés payés au prorata, mutuelle, ancienneté, accès aux primes. Le calcul se fait simplement en proportion des heures travaillées.
Pour conclure
Avant de signer, exigez le taux horaire exact inscrit au contrat et faites le calcul vous-même sur 104 heures. Un 24h bien réparti, avec quelques dimanches et fermetures, peut rapporter davantage qu’un 28h éclaté en créneaux subis. Le montant compte, mais l’organisation du planning pèse tout autant sur ce que vous gardez réellement à la fin du mois.
